Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 11:11
Lu ce matin au réveil ! Vous pouvez vérifiez : link

Voici le courriel envoyé au découvreur de cet aspect "dramatique"  de notre vie quotidienne, et pour me remettre de cette nouvelle qui va passer inaperçue :


Monsieur le Sénateur,

Votre très important et très sensible travail sur l'ISF arrive au bon moment et peut permettre de développer plusieurs questions.

Que représentent ces 2,8 milliards d'euros ? Cette somme est-elle si importante ?
Si la comparaison est rarement raison, comparons cependant cette masse de capitaux avec par exemple la masse des capitaux  échangés en une seule journée à la Bourse de Paris. Leur importance est-elle alors faible ou forte ?

Mais votre travail apporte un éclairage beaucoup plus cru sur la question ultra sensible de l'impôt.  En ces temps de crise de l'énergie, de l'ensemble des matières premières et des idéologies, ce terrain est particulièrement sensible pour tous les citoyens. Ce qu'ils perçoivent comme l'inégalité des taxes leur cache  l'importance de l'impôt. Cette peur les conduit alors à imaginer toute une série de mesures de défense. Tel s'installe dans fraude, tel autre adhère à un groupe de pression ou a recours à des pratiques de  lobbying, ou bien encore tente de compenser ce qu'il ressent comme une injustice en demandant avec plus ou moins de force ou de discrétion des subventions pour retrouver une "égalité" mise à mal aujourd'hui dans monde globalement et brutalement soumis à la loi de l'offre et de la demande. Ce contexte conduit à se poser la question : A quoi sert l'impôt ?

L'impôt n'a jamais eu bonne presse. C'est dommage, car ceci empoisonne la vie sociale, la vie économique, la vie politique, l'éducabilité de toutes les classes d'âge dans notre pays.  Chaque catégorie n'aspire plus qu'à l'exonération fiscale. Le moment est sans doute venu de réhabiliter l'impôt. Tout doute sur l'impôt conduit tôt ou tard à un dépérissement de l'Etat, voire même de notre République.
 
Vous mettez le doigt sur le problème que nous pose, à nous qui restons,  la fuite de ces contribuables. Si un tel départ n'est sans doute pas nouveau, il ressemble fort à l'amorce d'un phénomène économique identique et au rebours de celui qui  conduit d'autres hommes à vouloir venir dans notre pays.  Cette émigration devrait être lue en face du phénomène de l'immigration.

A tort ou à raison nous mettons beaucoup de soins à nous protéger de ce qui représente un risque extérieur pour notre société. Pourquoi refusons  nous de  mettre les deux phénomènes sur le même pied ?  Le départ de certains contribuables constitue aujourd'hui pour notre collectivité un nouveau risque venant, lui, de l'intérieur même de notre pays. Pourquoi la loi ne s'applique-t-elle pas à tous de la même façon ?

Etre ou ne pas être  citoyens français dans une Europe qui affirme garantir la libre circulation des citoyens, des biens, des idées, qu'est-ce que cela veut dire  ? Lors de la composition du gouvernement un nouveau ministère ( Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire ) est apparu pour poser,  semble-t-il, le problème de la nationalité, de ses droits et de ses devoirs.   Pourquoi ne pas traiter aussi le problème du départ de ces contribuables par rapport au concept d'identité nationale et ce de la même façon exemplaire ? La France s'accorde le pouvoir de réguler les flux de sa population, d'accorder ou de refuser la nationalité française, de protéger ses citoyens et de veiller au respect de leurs droits et aussi de ce qui représente les avantages à être et demeurer français. Pourquoi maintenir toutes ces garanties à ceux qui partent ?

En ces temps communicationnels, le terme de "déchéance" est sans doute inadéquat, et d'autres mots devraient être recherchés, mais il est certain que ceux qui font le choix de partir doivent laisser un petit quelque chose en nous quittant. L'armée, pour assurer l'unité de ses troupes, a des procédures strictes pour traiter les fuyards et récompenser ses héros. Nos modernes et nomades contribuables, qui vont et viennent en fonctions de leurs humeurs ou de leurs sentiments, ne demandent pratiquement jamais la nationalité du pays qu'il choissent dans leur fuite. Ils deviennent ainsi les champions toute catégories de l'avantage. Ils serait normal et sain qu'ils prennent un risque égal à celui qu'ils font courir à ceux qui restent par force ou par raison, et notre droit de la nationalité devrait donc  être plus précis sur le retrait de la nationalité. Ou  bien alors ne faudrait-il pas que les pays européens envisagent  de revenir sur leur dogme de la concurrence, et envisagent de mieux unifier l'ensemble de leurs politiques fiscales et sociales ?

Je vous accorde qu'en l'état de nos institutions et de nos idées , ces diverses approches comportent une forte part d'utopie qui  a peu de chance d'agir sur le malade. Alors que faire ? Pour être moins drastique, est-il pour autant possible de conduire une réelle réforme fiscale, claire, juste et profonde dans un pays qui, contrairement aux idées reçues, est dur au labeur et reste en attente d'un peu d'employabilité durable ? Mais quel chantier !

En espérant ne pas vous avoir trop ennuyé, je vous prie d’agréer, Monsieur Le Sénateur, l’expression de ma considération la plus distinguée.






Par Gracchus
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