"ZEUGMA"
Un livre paraît, et il serait triste de passer juste à côté de la joie et du pont.
Marc-Alain OUAKNIN publie au Seuil (je n'invente rien!) ZEUGMA.
Art éblouissant du tissage des sens,
Ouaknin est le jardinier paysagiste de ce monde.
La langue est notre refuge ultime.
La langue est notre seule mémoire. La langue est notre unique avenir.
Autrefois elle était là ; demain elle sera toujours présente .
Le pont n'est pas le barrage ; et ce livre, CE "Zeugma", est bien comme :
"une hache qui brise la mer qui est gelée en nous" (Kafka).
Passer par ce livre, c'est suivre un explorateur-sourcier des pôles magnétiques du langage ; c'est se laisser aller au tangage des sens ; c'est se remplir les bagages ; c'est faire tourner la
sphère de l'humain ; c'est comprendre du cosmique ; c'est accéder au partage du mystère des archéologies ; c'est vivre le mariage de l'archéologie de nos mystères.
Ouaknin est une cheville qui amène dans nos vie l'immense jubilation du savoir.
Que ta promenade langagière commence.
Marcheur ! entre dans un voyage magique et jubilatoire, renouvelle ton pas et ton chemin.
Tu pourras aussi retrouver M-A Ouaknin sur la grande toile :
http://www.monumenta.com/2007/index.php?option=com_content&task=view&id=215&Itemid=9 link
Mais ceci sera, comme dans le conte, une autre face de l'histoire.
"...
Ils vendangent, ils pressurent le vin,
ils écrasent le temps comme leur oeil,
mettent en cave ce qui perle, le pleuré,
dans la tombe solaire qu'ils équipent
à main forte de nuit :
afin qu'une bouche, plus tard, ait soif de cela -
une bouche tardive,
qui ressemble à la leur :
retordue contre de l'aveugle et gourde -
une bouche vers qui monte des profondeurs la mousse du
breuvage, tandis
que le ciel dévale dans la mer cireuse,
pour luire de très loin, malingre lumignon,
quand enfin se mouille la lèvre."
Les vignerons - Paul CELAN
Choix de poèmes
Poésie/Gallimard - 1998 - p.117
Par Gracchus
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